Mes valeurs

L’égalité entre les personnes, le partage, le respect et la solidarité sont des valeurs que je possède depuis l’enfance. Il est en effet important pour moi que chacun ait sa place, délimitée par celles des autres, mais dont chacune est égale. Le partage et le respect sont, à mon avis, la clé de la réussite de cet idéal dans la mesure où les membres de la société sont respectés pour ce qu’ils sont et que les ressources sont distribuées équitablement. C’est ainsi que nous pouvons revendiquer le titre de démocratie pour notre société et tendre à vivre en harmonie. Plus tard, j’ai compris que le travail collaboratif, encourageant le dialogue qui ne vaut que sous le sceau de la liberté d’expression, permettait un réel effort de vivre ensemble. Pour ces raisons, j’espère appliquer au quotidien ces valeurs fondamentales.

J’ai retrouvé nombreuses de ces valeurs chez les professionnels de l’information, notamment dans l’énoncé de valeurs de l’American Library Association. Assurer l’accès à l’information aux populations qu’elle dessert est la première responsabilité des bibliothécaires. C’est en effet le fondement même de la profession et chacune des tâches associées au bibliothécaire va dans ce sens, que ce soit d’acquérir et de maintenir une collection, d’assurer l’accès à internet gratuitement, d’offrir de la formation pour les usagers. Même les tâches plus techniques contribuent à optimiser l’accès à l’information, par exemple, le catalogage, qui facilite la recherche. J’ai eu l’opportunité de contribuer à l’accès au savoir lors de mon stage coop par l’offre de service de référence que j’ai effectuée tout au long de mon contrat. J’ai tiré de ces expériences une grande fierté, puisque j’ai eu l’impression de contribuer aux projets de ceux que m’ont demandé de l’aide pour obtenir des ressources.

La démocratie, ensuite, indique à qui cet accès doit être assuré : au plus grand nombre. La démocratie s’illustre par une volonté de rendre accessible le bien commun, l’information, à un maximum de gens, peu importe le sexe, l’âge, la culture, la provenance, etc. La démocratisation des savoirs est pour moi d’une grande importance parce qu’elle permet l’émancipation. En effet, c’est par la connaissance qu’une personne, un peuple, une nation peuvent s’extraire d’une condition difficile et s’élever. Bien sûr, les raisons qui poussent une personne à acquérir des connaissances sur un sujet donné ne sont pas nécessairement dramatiques, cet individu pouvant seulement désirer s’instruire sans que le sujet n’ait un impact considérable sur sa vie. Toutefois, peu importe les raisons qui poussent une personne ou une collectivité à acquérir de l’information, cette dernière doit lui être accessible pour que chacun ait une chance égale.

De plus, il importe pour le bibliothécaire que l’usager soit libre de consulter le type d’information qu’il désire, sans éprouver la crainte de jugement ou de représailles. La liberté intellectuelle est importante du fait qu’elle permet la divergence d’idées menant à des débats pertinents dont la finalité est souvent liée à des découvertes importantes. La répression de la curiosité intellectuelle est quant à elle un indicateur sûr de la fin ou de l’inexistence de démocratie dans une nation. Il importe donc, pour nous assurer de vivre dans une société où la liberté intellectuelle représente une composante sine qua non, de toujours protéger la confidentialité des recherches des usagers d’une bibliothèque. Ainsi, par le respect de la confidentialité des recherches des usagers, nous respectons la liberté intellectuelle de tous et nous participons, du coup, à la démocratie.

Pour que les valeurs précédemment citées puissent être respectées, il importe que les bibliothèques contiennent des collections riches et variées pour être en mesure de répondre à un plus grand nombre d’usagers possible. La préservation de ce contenu est primordiale, puisqu’elle permettra aux générations présentes, mais aussi futures d’accéder à cette information diversifiée et perpétuera le cycle d’accessibilité, de liberté et de démocratie. Lors de mon stage coop, j’ai eu la chance de pouvoir travailler à un projet d’archivage du web qui consistait en la préservation de tous les documents web cités dans les jugements de la Cour suprême. Cette opportunité m’a bien fait comprendre l’importance et la difficulté de conserver les documents à risque d’être perdus pour les générations futures et a renforcé en moi ce sentiment de l’importance d’un processus rigoureux et homogène.

Par ces valeurs, les bibliothécaires encouragent donc le libre accès au bien commun et participe à la liberté intellectuelle et la démocratie. La place accordée à la préservation dans la liste de valeurs de l’American Library Association indique que cet accès, cette liberté et cette démocratie doivent perdurer dans le temps. Bien que je n’envisage pas une carrière en bibliothéconomie, ces notions sont d’une grande pertinence pour moi et occuperont une place importante dans ma carrière professionnelle. En effet, j’envisage d’étudier en profondeur ces notions de libre accès du bien commun que représentent les savoirs, en me concentrant plus particulièrement sur l’accès libre et gratuit aux publications scientifiques, enjeu d’importance auquel j’ai été initié dans le cadre de cours, mais surtout comme assistante de recherche pour un projet portant précisément le libre accès.

Je propose d’étudier, dans le cadre d’une thèse de doctorat, comment les nouveaux médias et outils du web 2.0 — réseaux sociaux, blogues, wikis — contribuent à une démocratisation des savoirs à grande échelle, puisque employés par un nombre grandissant de chercheurs pour la diffusion de leurs recherches. Ces réseaux sociaux et outils du web 2.0 sont ouverts et accessibles à toute personne ayant accès à une connexion internet et sont déjà employés par de nombreuses personnes. L’utilisation de ces plateformes peut ainsi maximiser l’impact de diffusion des recherches parce que les outils que les chercheurs emploient le sont aussi par le grand public, qui en comprennent les rouages. La rapidité de distribution est par ailleurs une des raisons qui expliquent la popularité grandissante de l’utilisation des réseaux sociaux et autres outils du web 2.0 pour la diffusion de ce type de contenu. Plus concrètement, je tenterai de découvrir si l’utilisation de ces plateformes est suffisamment efficace pour affirmer qu’elle contribue au mouvement du libre accès, et si oui, quel impact cela aura sur la communication scientifique dans les prochaines années.

La préservation de l’information numérique occupera une place importante de ma réflexion, du fait que les plateformes utilisées pour héberger ces informations n’ont pas été conçues pour leur assurer un accès à long terme, mais une diffusion immédiate. Par conséquent, il importera de se pencher rapidement sur des processus de préservation afin de maintenir l’accès à ces savoirs contenus sur ce type de plateforme.

 

Références

American Library Association (2004). Cores Values of Librarianship. Repéré à http://www.ala.org/advocacy/intfreedom/statementspols/corevalues

 

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