Libre accès

Le libre accès est un mouvement qui s’inscrit à contre-courant du modèle traditionnel des publications scientifiques. Le modèle traditionnel consiste en la publication de revues savantes accessibles selon certaines conditions, notamment des frais d’abonnement pour accéder au contenu. Depuis quelques années déjà, les éditeurs commerciaux ont pris peu à peu le contrôle de l’édition savante, acquérant les revues ayant de forts facteurs d’impact (mesure d’évaluation de la visibilité d’une revue par un calcul des citations des articles qu’elle a publiés). Ce monopole a entrainé une augmentation considérable des frais d’abonnement aux revues scientifiques, ce qui a incité les bibliothécaires, premiers à constater la crise, a sonné l’alarme.

En réponse à cette restriction d’accès aux publications savantes, certains chercheurs ont commencé à publier leurs articles gratuitement sur internet. Pour bien circonscrire ce nouveau mouvement, les chercheurs se rassemblèrent pour édicter les fondements du libre accès, notamment à Berlin, Bethesda et Budapest (les 3B), statuant notamment que le libre accès se définissait comme l’accès libre, complet et gratuit à la production scientifique, sans autre prérequis qu’un ordinateur et une connexion internet.

Devant l’importance du phénomène de publication en libre accès, les éditeurs durent établir de nouveaux modèles économiques pour pouvoir assurer l’accès gratuit aux ressources, tout en couvrant leurs frais de publications. Parmi ceux-ci, deux s’opposent : le modèle coopératif et le modèle APCs. Dans le premier cas, le modèle coopératif, les éditeurs se regroupent et paient une cotisation annuelle pour obtenir des services de publication et de commercialisation de leur revue. Dans le cas où la coopérative serait lucrative, les profits sont redistribués aux éditeurs au prorata de leur cotisation. Dans le second cas, les APCs (Article Processing Charge), l’éditeur charge des frais de publication à l’auteur pour chaque article publié dans la revue.

Le libre accès aux publications scientifiques est un modèle encore en mouvement, et par conséquent, de nombreuses composantes restent à définir. J’ai toutefois eu l’opportunité d’apprendre à propos de ce mouvement et de ses concepts dans le cadre du cours ISI 5301 Information and Society, le cours ISI 6300 Special Topics in Information Studies-Open Access, ainsi que dans le cadre d’une expérience d’assistante de recherche pour un projet portant sur le modèle économique APCs, en cours à l’École des sciences de l’information.

Dans le cours ISI 5301 Information and Society, j’ai pu en apprendre davantage sur le modèle d’édition coopératif en étudiant le cas du Consortium Érudit, en effectuant un travail de recherche sur ce sujet. Ce consortium, soutenu par trois universités québécoises — Université de Montréal, Université Laval et Université du Québec à Montréal — rassemble des revues à teneur scientifique et culturel portant sur les lettres et les sciences sociales, publiées majoritairement en français. Les revues sont disponibles sur un site internet entretenu et hébergé par le consortium, et permettent aux éditeurs participants d’avoir une plus grande visibilité et d’accéder à des services technologiques (entretien des serveurs, mise en ligne des numéros). Ce modèle économique est très intéressant pour les éditeurs, puisqu’il leur permet de conserver leur indépendance d’édition tout en mitigeant les risques liés à la publication électronique (coût élevé du matériel, expertise technologique nécessaire, publicité et marketing dilué dans la masse des revues savantes). Comprendre ce modèle économique de la publication savante en libre accès m’a fait comprendre les réalités de la publication d’une revue indépendante, notamment les difficultés rencontrées lors de la mise en ligne et de la diffusion de leur contenu.

Lien vers le travail remis : Coopérative d’éditeurs – le cas d’Érudit

J’ai aussi suivi le cours ISI 6300 Special Topics in Information Studies qui portait spécifiquement sur le libre accès. Dans ce cours, j’ai pu approfondir mes connaissances sur le libre accès, plus particulièrement par l’accomplissement d’un travail de recherche sur les données ouvertes. En effet, une fois accepté le concept du libre accès des publications savantes dans le monde de l’édition et de la recherche, un nouveau domaine similaire tend à émerger : le partage des données sur lesquelles reposent les recherches publiées. L’ouverture des données offre de nombreux avantages pour la recherche, comme la possibilité de reproduire les processus de recherche dans un but de validation ou de préservation, de même que l’accélération de la recherche (les bases de données permettant l’analyse d’angle d’une problématique différent, le chercheur qui y a accès sans avoir à la constituer gagne un temps précieux). Ce phénomène est étudié depuis plusieurs années déjà, bien que peu de chercheurs y adhèrent encore aujourd’hui. La peur de la perte de la reconnaissance de la propriété intellectuelle et la sécurité des données sensibles y jouent pour beaucoup. Pour répondre à ces préoccupations, ainsi qu’à des inquiétudes portant sur la préservation à long terme de ces données, certains chercheurs ont créé des logiciels pour optimiser et faciliter la gestion de ces données ouvertes.

Pour effectuer ce travail de recherche, je me suis concentrée plus particulièrement sur un de ces logiciels : le Dataverse Network de Institute for Quantitative Social Science (IQSS), de l’Université Harvard. Ce logiciel et ses fonctionnalités m’intéressent parce qu’ils sont utilisés par le Scholar Portal pour gérer le partage des données des chercheurs des universités ontariennes affiliées à cette structure.

J’ai découvert que ce logiciel, par ses fonctionnalités, pourrait susciter l’intérêt des chercheurs par rapport au partage de leurs données. En effet, ce logiciel contient des options de sécurité pour les données, qui donnent aux chercheurs une latitude intéressante dans la gestion de leurs bases de données. Par exemple, les auteurs peuvent déterminer des conditions d’utilisation des données (offrant des options aussi vastes que l’accès complètement ouvert ou l’interdiction de consultation). Le logiciel crée aussi automatiquement des métadonnées lors du téléversement des données par l’auteur, lui attribuant de facto l’autorité sur ce contenu. Enfin, le système enregistre les données dans des formats d’archivage ouverts pour en optimiser la préservation. Ces éléments ne constituent que quelques fonctionnalités du logiciel, qui, une fois analysé, se révèle être très complet. De plus, ce logiciel est en code ouvert, ce qui favorise son utilisation par toute institution désirant gérer des données ouvertes. Par conséquent, il est très encourageant de constater que des spécialistes travaillent à la création d’outils aussi efficace pour favoriser ce mouvement du libre accès et en maximiser l’impact.

Lien vers le travail à venir

J’ai enfin acquis un précieux enseignement sur le libre accès et ses modèles économiques dans le cadre d’un travail comme assistante de recherche pour un projet portant sur les APCs, dirigé par la Professeure Heather Morrison. Je traite plus longuement de cette expérience dans la section Recherche & évaluation-Méthodologies.

Le libre accès est pour moi un sujet de grand intérêt. J’ai décidé de poursuivre mes études au doctorat afin d’en apprendre davantage sur ce mouvement et ses composantes. Les connaissances que j’ai tirées des travaux de recherche et de mon poste d’assistante de recherche me serviront tout au long de mon parcours doctoral (voir la section Plan de carrière pour plus d’information à ce sujet).

Références

Bernatchez, J. (2015). « Le libre accès aux publications scientifiques : référentiels, principes, normes et modalités », Documentation et bibliothèques, Vol. 61, No. 1, pp. 6-14. Repéré à http://www.erudit.org/revue/documentation/2015/v6/n1/1028999ar.html?vue=resume&mode=restriction

Barsky, E., Brosz, J. et Leahy, A. (2016). Découverte des données de recherches et écosystème du savoir au Canada. Repéré à https://portagenetwork.ca/fr/nouvelles/livre-blanc-exploration-des-donnees/

Crow, R. (2006). Publishing Cooperatives: An Alternative for Non-Profit Publishers. First Monday, Vol. 11, No. 9. Repéré à http://firstmonday.org/article/view/1396/1314

Guédon, J.C. (2001). In Oldenburg’s Long Shadow. Washington, D.C.: Association of Research Libraries.Repéré à http://www.arl.org/component/content/article/6/2598

King, G. (2007). « An Introduction to the Dataverse Network as an Infrastructure for Data Sharing ». Sociological Methods and Research 36, p. 173–199.

 

Rédaction de rapports, d’essais et d’analyses critiques

Une autre compétence dont la maîtrise est essentielle au professionnel de l’information est la communication écrite. Cette dernière peut prendre plusieurs formes : compte rendu critique, rapport, procédure, dépliant éducatif, revue de la littérature, travail de recherche, etc. J’ai eu à rédiger, au cours des deux dernières années, plusieurs types de documents qui m’ont permis d’apprendre les exigences de différents formats et d’adapter ma rédaction en conséquence.

Au cours de ma formation scolaire, j’ai eu à rédiger différents types de travaux. Par exemple, dans le cours ISI 5304 Information Resource Discovery, j’ai eu à rédiger un essai portant sur un processus de recherche intitulé « La sérendipité en recherche d’information ». Pour réussir l’exercice, je devais d’abord lire un article portant sur cette théorie de recherche (la sérendipité) et en faire un compte rendu. Par la suite, j’avais la tâche de trouver deux articles portant sur cette théorie et d’expliquer l’approche de chacun des auteurs à propos de la sérendipité.

Le principal défi de ce travail de rédaction aura été la concision. En effet, il m’était demandé de résumer une théorie comportant de nombreux aspects, de même que deux articles scientifiques en 6 à 8 pages à double interligne. J’ai appris lors de la rédaction de ce travail à faire un choix de mots et d’expression en fonction de leur richesse sémantique pour être en mesure d’exprimer un maximum d’idées en un minimum de mots et ainsi être en mesure de répondre aux critères d’évaluation, notamment la complétude des composantes de la théorie étudiée.

Lien vers le travail remis : La sérendipité en recherche d’information

Un exercice que j’ai dû compléter dans le cadre de ma formation est une revue de la littérature que j’ai effectuée dans le cours ISI 6721 Archives et gestion des documents. Une revue de la littérature consiste en la lecture d’articles portant sur un sujet commun, dont on résume les principaux arguments en les confrontant les uns aux autres. Ce type de travail demande une compréhension fine des textes à l’étude pour être capable d’en extraire des thématiques communes dans lesquelles les auteurs exposeront des arguments parfois divergents. Les compétences en rédaction requises pour réussir une revue de la littérature sont la capacité de faire ressortir les nuances dans l’argumentation des auteurs, de circonscrire les idées les plus importantes à partir de plusieurs articles et être en mesure de situer sa propre argumentation au milieu de toutes ces données. L’apprentissage que j’ai tiré de ce travail est des plus pertinents pour mon plan de carrière parce que je devrai situer mon projet de recherche par rapport aux autres recherches effectuées sur ce sujet pour être en mesure d’en établir l’originalité. Ainsi, déjà connaître le processus rédactionnel d’une revue de la littérature me permettra de me concentrer sur son contenu.

Lien vers le travail remis : Revue des littératures

Enfin, j’ai aussi eu à rédiger des documents selon un format plus professionnel. Les documents professionnels se distinguent des documents scolaires, puisqu’il ne s’agit pas d’exposer ma compréhension d’un concept, mais plutôt d’exposer ma connaissance d’éléments utiles pour une organisation donnée en lien avec un problème/projet précis. J’ai eu l’opportunité de m’exercer à ce type de rédaction dans le cadre du cours ISI 6722 Préservation de l’information numérique, puisque le travail final consistait à recommander une approche de numérisation et de préservation d’une collection de la bibliothèque de Parc Canada. Pour ce faire, je devais analyser les besoins de l’organisme en fonction de ses capacités à produire une collection numérique à partir d’une collection papier déjà en sa possession. Je devais par la suite observer les risques liés au processus et en évaluer l’impact sur le projet tout en prenant en compte les contraintes de l’organisation, par exemple, le budget alloué pour la réalisation du projet. J’ai conclu cet exercice par des recommandations pour la numérisation de la collection en tenant compte de tous les éléments mentionnés plus tôt.

Dans la rédaction de ce travail, je devais d’abord montrer ma connaissance de l’organisation à qui j’allais faire des recommandations afin d’exprimer de façon claire les liens entre les recommandations et les besoins de l’organisation. Ensuite, je devais m’exprimer de façon claire et précise pour que mes potentiels lecteurs comprennent rapidement mon argumentation. Dans le cas contraire, je n’aurais pu soutenir leur attention ce qui aurait eu pour conséquence de rompre mon intention de communication. Enfin, il était nécessaire que j’appuie mes recommandations avec de la documentation fiable pour que les personnes lisant les recommandations perçoivent que mes recommandations étaient fondées sur les pratiques exemplaires des différents organismes reconnus du domaine de la préservation de l’information numérique.

Lien vers le travail remis : Travail final- Préservation de l’information numérique

L’enseignement que j’ai tiré de ce travail m’a fait comprendre l’importance d’appuyer mes arguments sur des sources fiables et reconnues par mon auditoire. J’ai pu mettre à profit ce précieux apprentissage lors de mon stage coop, ce qui m’a permis d’acquérir une certaine crédibilité dans la présentation d’information.

Un des projets que j’ai réalisés lors de mon stage à la bibliothèque de la Cour suprême du Canada est la rédaction d’un processus d’archivage web. Pour réaliser ce projet, j’ai étudié la question de l’archivage web pour en extraire les fondements, les pratiques exemplaires selon plusieurs organismes (dont le Secrétariat du Conseil du Trésor), et les logiciels utilisés pour procéder à ce type de manœuvre. Une fois ma documentation bien comprise, j’ai rédigé le processus en tentant de bien reprendre chacune des étapes nécessaires à la bonne réalisation de la tâche et en expliquant les raisons des pratiques suggérées (emplacement du stockage des documents, le logiciel utilisé). Une fois ce document rédigé, j’ai compris que, bien que complet et documenté, mon texte ne répondait pas à un besoin de l’utilisateur, à savoir expliquer clairement les étapes du projet. En effet, mes étapes se perdaient à travers tout le texte explicatif. J’ai donc composé un deuxième document, abrégé, dans lequel on retrouvait que les étapes, décrite de façon claire et efficace. J’ai donc répondu aux besoins de mes utilisateurs en modifiant mon processus de rédaction. Ce document fut fort utile, autant pour les usagers que pour moi-même. Il m’a d’abord aidé à éprouver le processus parce que j’ai pu déterminer avec l’usager les étapes pertinentes et celle qui nécessitaient une amélioration. Le document corrigé a ensuite été utilisé comme aide-mémoire par les personnes responsables d’effectuer la tâche (voir aussi les sections Préservation de l’information numérique et Éducation et formation).

Présentation orale

La présentation orale est un exercice scolaire ou professionnel consistant en la démonstration d’une connaissance d’un sujet donné par le biais de la communication orale. Pour que l’exercice soit bien réussi, il importe d’expliquer les concepts de manière logique et structurée afin de renseigner sur une notion donnée. Il existe plusieurs types de présentation orale (en classe, colloque, pour vendre un produit, pour présenter un projet, etc.) et chacun exige une méthode qui lui est propre.

Dans le cadre de la maîtrise en science de l’information, j’ai eu à effectuer des présentations orales traditionnelles (scolaires) au cours desquelles j’ai dû faire la démonstration que je maîtrisais la notion que je présentais. Dans le cours ISI 5301 Information and Society, par exemple, j’ai présenté les concepts de base du libre accès, en les analysant en lien avec la plateforme de diffusion de revues savantes et culturelles Érudit. Les auditeurs étaient tous des collègues des départements des sciences de l’information et de communication, ce qui m’a permis d’employer une terminologie précise, puisque tous avaient un bagage de connaissances similaire au mien.

Lien vers la présentation : La coopérative dans le milieu de l’édition savante : le modèle Érudit

Au cours de ma scolarité, j’ai aussi eu à produire des présentations orales qui exigeaient un format différent, puisqu’il s’agissait de commandes plus professionnelles. Deux projets, plus particulièrement, m’ont permis d’acquérir des compétences dans ce type de présentation : la présentation d’un plan de projet dans le cours ISI 5705 Principes de gestion pour le professionnel de l’information et l’énonciation de nos recommandations d’un système de gestion des documents et des archives, subséquentes à une analyse des besoins d’une organisation dans le cours ISI 6721 Archives et gestion des documents. Dans les deux cas, j’ai eu à faire la preuve, par le biais de la communication orale en équipe, de ma compréhension des besoins informationnels d’organisations qui sollicitaient nos services pour établir un plan d’action pour améliorer leur gestion de l’information. Ces personnes n’étant pas des professionnels de l’information (au moins dans un cas), j’ai dû définir les concepts propres à ce domaine pour optimiser le processus communicationnel. En plus de démontrer ma compréhension des besoins de ces organisations, j’ai aussi eu à les convaincre de la pertinence de nos recommandations, ce qui a exigé d’autres compétences communicationnelles telles que la persuasion. Enfin, j’ai dû faire preuve de connaissance dans le domaine présenté afin d’obtenir une crédibilité professionnelle, me permettant d’obtenir l’attention de l’auditoire.

Lien vers la présentation : Présentation FCFA

Lien vers la présentation : Présentation_plan_de_projet

Ces deux types d’exercices m’auront aidée à développer mes aptitudes en communication orale, aptitudes auxquelles j’ai eu recours dans le cadre de mon stage coop à la bibliothèque de la Cour suprême. Ma superviseure m’a, en effet, assigné la responsabilité, en collaboration avec une collègue, d’effectuer une visite de la bibliothèque lors de l’activité « Take your kids at work », au cours de laquelle il est possible, pour des jeunes de troisième secondaire, de visiter pendant une journée, l’un des ministères de la fonction publique fédérale et d’en apprendre plus sur son fonctionnement. La Cour suprême participe à cet événement et plusieurs de ses départements organisent des activités dans le cadre de cette journée.

Pour remplir cette tâche, nous avons dû réfléchir à notre public cible et à ses intérêts. En effet, la visite d’une bibliothèque, aussi belle soit-elle, n’est pas nécessairement une activité qui intéresse tous les adolescents. Nous avons opté, après quelques discussions, pour un mode de présentation interactif et pour un contenu ancré dans la pratique.

Concrètement, nous avons élaboré notre visite en la liant étroitement avec les autres activités auxquelles les jeunes allaient participer, notamment l’audience à laquelle ils allaient assister avant de visiter la bibliothèque. La cause qu’ils entendaient était très intéressante, puisqu’elle relevait du droit criminel et plus précisément de la validité de la preuve dans le cas d’une perquisition sans mandat. Les arguments présentés par la défense relevaient de la Charte des droits et libertés et du Code criminel. Enfin, un guide de la cause avait été rédigé par un membre de l’équipe de référence, dans lequel on retrouvait de la doctrine suggérée pour les auxiliaires juridiques.

La cause, et plus particulièrement ses composantes juridiques et informationnelles, a donc façonné la visite de la bibliothèque. À mesure que nous évoluions à travers les salles de la bibliothèque, nous leur avons montré la Charte des droits et libertés, et plus précisément l’article traité pendant l’audience (salle de la jurisprudence). Nous leur avons expliqué ce qu’était le Code criminel et montré les sections en lien avec la cause (salle de la législation). Enfin, nous avons exposé des études suggérées par l’équipe de référence pour compléter les informations nécessaires à la compréhension de la cause (salle de la doctrine). Nous désirions exposer à ces jeunes, par un exemple concret, comment l’information juridique qu’ils apprenaient à l’école, par exemple la Charte, avait une implication concrète dans le fonctionnement de la société. Nous avons aussi mis en lumière la participation des bibliothécaires dans le fonctionnement de la Cour suprême, et par conséquent, dans le processus judiciaire du pays.

Pour nous assurer de l’attention de notre auditoire, nous avons rendu la visite la plus interactive possible en leur posant des questions et en les invitant à faire de même à de nombreuses reprises. Leur poser fréquemment des questions s’est révélé être une méthode concluante, puisque les étudiants répondaient d’emblée à nos questions. Nous sentions que nous avions leur attention, pour la plupart. Nous n’avons toutefois reçu aucune question de leur part en retour ce qui nous a fait penser que, peut-être, nous n’avions pas rempli complètement notre mandat, qui était de présenter de façon intéressante pour un groupe d’étudiants du secondaire les principales caractéristiques et raisons d’être de la bibliothèque de la Cour suprême du Canada. Ma superviseure, qui avait assisté à la présentation, semblait toutefois satisfaite de la présentation que ma collègue et moi-même avions préparée.

Des compétences en communication orale similaires me seront nécessaires dans le cadre de mon plan de carrière, puisque la diffusion des résultats de recherche d’un doctorant chercheur passe, entre autres, par la communication orale, notamment dans le cadre de colloques et d’examens (examen de synthèse, soutenance de thèse). De plus, l’une des tâches d’un chercheur affilié à une université est de promulguer un enseignement de qualité, qui s’effectue, entre autres choses, par le biais de la communication orale. Il importe donc que je continue de peaufiner mes compétences dans ce domaine.

Analyse des données en fonction d’une problématique

Les données collectées dans le cadre d’un projet de recherche ne sont pertinentes que si elles sont analysées selon une problématique donnée. Dans le cas contraire, elle demeure une liste d’information sans fondement. J’ai eu l’opportunité de m’exercer à l’analyse des données collectées lors de mon stage coop et ainsi que dans le cours ISI 5703 Gestion des ressources informationnelles, plus particulièrement dans la recherche précédant la rédaction du travail de recherche final.

D’abord, je reprendrai ici l’exercice de la rédaction du guide de la cause, traitée dans la section Méthodologies, parce qu’elle demandait aussi une part d’analyse dans la collecte de données en lien avec la problématique donnée : les composantes de la cause. La difficulté de la tâche résidait ici dans le fait que les notions de droit peuvent être très pointues et très complexe à comprendre. Une attention particulière est donc requise pour s’assurer de comprendre la question de recherche afin d’être en mesure d’analyser les résultats en fonction de la bonne information.

L’analyse des données, en fonction d’une problématique, se retrouve par ailleurs dans tout exercice de recherche du fait que la validation des résultats de recherche se fait justement par l’analyse que le chercheur effectue en fonction de cette problématique. Je me suis donc exercé à ce type de processus chaque fois que j’ai eu à entreprendre une recherche, dans un cadre scolaire ou professionnel. Si chaque recherche peut apporter un apprentissage supplémentaire sur son processus, je pense que celles qui auront eu l’impact le plus éducatif pour moi auront été celles entreprises dans le cadre scolaire, puisqu’elles auront été succédées d’évaluation et de corrections.

Un travail scolaire qui m’aura permis d’apprendre beaucoup sur le processus de recherche est le travail final que j’ai remis dans le cadre du cours ISI 5703 Gestion des ressources informationnelles. J’avais choisi de travailler sur le cycle de vie du courriel dans une organisation, puisque je ne connaissais rien à propos de la gestion des courriels en entreprise selon le cycle de vie des documents. J’ai donc dû commencer ma recherche à la base et trouver de l’information plus générale sur le courriel qui me permettrait par la suite d’établir une liste de concepts à approfondir. J’ai appris au cours de cette recherche que l’analyse des données peut s’avérer une tâche ardue dans le cas de sujets pour lesquels il existe beaucoup de documentation. Dans ce type de recherche, mais aussi en contexte de recherche général, il importe donc d’avoir un angle d’approche très bien défini de façon à obtenir la documentation la plus pertinente possible sur le sujet qui est étudié. Dans ce cas-ci, organiser ma recherche en fonction du cycle de vie des documents, et plus précisément selon quatre aspects de ce cycle — l’évaluation, l’organisation, le stockage et la préservation — m’aura permis d’obtenir de l’information sur la gestion du courriel comme entité informationnelle plutôt que comme moyen de communication (ce pourquoi il a été inventé à l’origine). J’ai donc évité plusieurs études qui se seraient révélées non pertinentes pour ma recherche.

Dans le processus de recherche de ce travail final, j’ai pris soin d’établir des critères de recherche précis, en lien avec les quatre aspects du cycle de vie des documents, par exemple, l’organisation des courriels ou leur archivage. J’ai aussi fait attention à utiliser un vocabulaire propre au sujet de recherche, comme « speech act » ou « email overloaded », pour optimiser mes résultats. La lecture de mon corrigé m’aura toutefois appris que la pertinence d’une donnée ne s’arrête pas à sa correspondance à un sujet de recherche, mais aussi à la date de publication des informations trouvées. J’avais, en effet, la mention « attention à l’usage de citations anciennes dans un sujet d’actualité » qui me fit comprendre que, malgré le fait que certaines informations trouvées portaient bien sûr le sujet de la recherche, elles dataient de plusieurs années si bien que d’autres études avaient été complétées entre-temps, apportant un éclairage plus complet, parfois différent sur ce même thème. Ainsi, la pertinence d’une donnée ne tient pas uniquement de son lien avec le sujet de recherche, mais aussi du moment de publication.

Lien vers le travail remis: travail final-Le cycle de vie du courriel

Mes compétences en collecte et en analyse de données selon une problématique donnée me seront nécessaires à la réussite de mon objectif de carrière qui est de compléter une thèse de doctorat. Pour ce faire, je devrai en effet recueillir des données en lien avec ma problématique afin de les analyser en vue de répondre à ma question de recherche. Je réitère donc ici l’importance de la validité des données dans un projet de recherche, puisque c’est sur ces dernières que repose la pertinence de la recherche et la justesse des résultats. Ces apprentissages m’aideront donc à effectuer des recherches efficaces basées sur une méthodologie rigoureuse.

Méthodologies de collecte de données et d’analyse

L’application de méthodologies de collecte et d’analyse de données consiste en la capacité d’extraire des données d’un corpus, d’en valider la pertinence selon le contexte et d’en tirer des informations permettant de documenter une question de recherche en suivant une méthode scientifique rigoureuse. J’ai acquis des compétences dans ce domaine lors d’expériences pratiques, en contexte professionnel.

D’abord, j’ai participé à un projet de recherche intitulé Sustaining the Knowledge Commons, dirigé par la Professeure Heather Morrison. Ce projet porte sur l’un des modèles économiques choisis par des éditeurs publiant du contenu en libre accès : le modèle APCs (Article Processing Charge). Dans ce modèle économique, les éditeurs chargent des frais de publication aux auteurs par article qu’ils publient pour remplacer le revenu qu’apportaient auparavant les abonnements. L’étude de ce modèle économique fournit de précieux renseignements sur la transition d’un système d’édition traditionnel (publication dans des revues dont l’accès est régi par un abonnement) à un système dont l’accès est ouvert et gratuit pour les utilisateurs. Dans ce contexte, les éditeurs tentent de restructurer les processus d’édition. L’étude de Professeure Morrison est longitudinale, ce qui signifie que nous analysons les données des mêmes éditeurs sur plusieurs années pour étudier les fluctuations et en tirer des conclusions.

Dans le cadre de ce projet, je fus chargée de consulter les sites internet des éditeurs commerciaux afin de vérifier s’ils chargeaient des frais de publication, et j’ai dû compiler les résultats de mes recherches dans un tableau Excel. La méthodologie adoptée consistait en l’analyse des données, éditeur par éditeur, se concentrant plus particulièrement sur les éditeurs commerciaux, tels que Elsevier, Taylor & Francis, Hindawi, etc. Une fois l’extraction des données terminée, je les analysais pour déterminer s’il y avait des changements par rapport aux années précédentes, et si oui, quelles étaient les conclusions que l’on pouvait tirer de ces résultats. Je rédigeais un blogue dans lequel se trouvaient les données, présentées de façon à illustrer l’analyse que j’avais faite, que je publiais sur le blogue du projet.

J’ai tiré de nombreux enseignements de ce projet de recherche. Dans un premier temps, j’ai compris de façon concrète l’importance d’un processus rigoureux d’extraction de données sur lequel repose un projet de recherche. Cette étape est cruciale parce que les données constituent le matériau sur lequel la recherche sera construite. Si des erreurs se sont produites au cours du processus d’extraction, c’est le projet de recherche au complet qui en souffrira, et les résultats que l’on tirera seront erronés ou biaisés. J’ai donc développé un souci du détail dans la recherche, ce qui m’a incitée à toujours m’assurer de la pertinence de mes données avant de finaliser un tableau. Au cours de cette expérience, j’ai de plus développé une méthodologie pour gérer une masse de données importante.  Les tableaux Excel comportaient souvent jusqu’à 300 entrées, pour lesquelles je devais trouver de l’information. J’ai compris que la manipulation de données nombreuses avec plusieurs étapes nécessitent des procédures clairement défini, et idéalement écrites, pour assurer une cohérence au processus. En travaillant comme assistante de recherche sur un projet portant sur le libre accès, enfin, j’ai développé ma capacité à analyser des données extraites d’un corpus donné, pour faire sens des liens créés par leur regroupement dans un même fichier. Ce type de capacité est important pour un professionnel de l’information, puisque la recherche d’information n’est pertinente que si l’on actualise l’information trouvée selon notre problématique de départ (voir aussi la section Libre accès).

J’ai aussi eu la possibilité, lors de mon stage coop à la bibliothèque de la Cour suprême du Canada, d’optimiser mes capacités de collecte et d’analyse par la réalisation de quelques projets, notamment les guides des causes juridiques. Ce projet consistait en l’élaboration de guides de recherche sur un thème précis : une cause à être entendue par les juges de la Cour suprême. Dans le but d’aider les auxiliaires juridiques (étudiants de droit en stage qui assistent un juge dans son travail pendant un an), les membres de la bibliothèque de la Cour suprême composent des guides dans lesquels on retrouve de la documentation de base pour comprendre la cause à être entendue. L’objectif de ce guide, est de rassembler des informations qui se trouvent dans différents types de documents. Ces guides sont très appréciés des auxiliaires, puisqu’ils leur permettent de comprendre rapidement les enjeux d’une cause, et leur donnent ainsi des pistes pour effectuer des recherches plus poussées sur le sujet, selon les demandes qu’ils reçoivent des juges.

J’ai eu à rédiger deux de ces guides au cours de mon stage. J’ai trouvé l’exercice très formateur du fait que je devais consulter divers types de ressources pour extraire mes données. Par exemple, j’ai consulté le catalogue de la bibliothèque pour trouver de la doctrine. J’ai aussi eu à chercher dans des bases de données pour trouver ce type de document, mais aussi de la jurisprudence et de la législation. Ces bases de données m’ont de plus été utiles pour trouver de l’information très spécifique sur la cause telle que les citateurs (endroit où la cause, entendue dans des cours d’instance inférieure, avait été citée, de même que les endroits où avaient été cités les points de loi traités dans la cause). Il était nécessaire, enfin, de consulter des encyclopédies juridiques et de fournir les liens vers les entrées pertinentes, parce que ces documents permettaient d’obtenir certaines données utiles dans le cadre de recherche, notamment des mots-clés et des explications de concepts. Ce projet sera aussi traité dans la section Analyse des données.

Un des aspects les plus formateurs de l’élaboration des guides des causes aura été pour moi l’apprentissage du logiciel de gestion des références RefWork. En effet, non pas tant le logiciel que la façon avec laquelle les membres de l’équipe de référence travaillent m’auront permis de comprendre les caractéristiques d’une gestion efficiente des données collectées de même qu’une utilisation efficace d’un logiciel, en support à la tâche effectuée.

Recherche et évaluation

Avoir acquis des compétences en recherche et évaluation de l’information est, dans un domaine comme celui des sciences de l’information, l’un des fondements même de la formation. En effet, cette compétence est un des axes de spécialisation du professionnel de l’information. Ce dernier doit posséder des compétences lui permettant d’effectuer des recherches complexes et d’en analyser les résultats pour déterminer la pertinence de l’information en fonction d’une problématique. J’ai pu, dans le cadre de ma maîtrise, de mon stage coop et de mon travail comme assistante de recherche, développer des compétences certaines en recherche et évaluation de l’information, notamment en ce qui concerne les méthodologies de collecte de données, leur analyse en fonction d’une problématique et l’évaluation de la qualité d’un service d’information en fonction des besoins de la clientèle.

Les sections que vous trouverez dans cette catégorie:

Méthodologies

Analyse des données

Évaluation de la qualité d’un service d’information